En quête de mythanalyse

En quête de mythanalyse
A cura di Hervé Fischer

Les Cahiers de M@GM@, vol.8
Roma, Aracne Editrice, 2017, p. 224.

Je suis heureux de présenter ce numéro spécial de la revue M@GM@ consacré à une importante quête de ce que pourrait être le champ de recherche et la théorie de la mythanalyse. Les auteurs réunis ici, suite de l’invitation que m’a faite Orazio Maria Valastro, témoignent de l’actualité et de la diversité des centres d’intérêt en mythanalyse. On voit bien que chacun, quant à la grille conceptuelle et à la méthodologie, y suit son propre chemin, car il n’en existe pas encore qui soit balisé et nous réunisse. Et il est fructueux aussi que chacun y aborde ses thèmes de prédilection.

Pourquoi une Société internationale de mythanalyse

Il ne faut pas se surprendre ce qui peut apparaître de prime abord comme un séduisant désordre : il en est ainsi, bien que le concept de mythanalyse soit apparu il y a maintenant quelque quarante cinq à cinquante ans ; il n’a pas fait recette, ni chez les intellectuels, ni dans l’opinion publique. Il n’a pas davantage été consolidé dans une démarche cohérente qui soit reconnue par un groupe de chercheurs disposés à dialoguer sur ses enjeux, ni même sur sa légitimité.Moi-même, après en avoir affirmé la légitimité et la nécessité dès les années 1970, j’en ai moins abordé la théorie que la pratique dans ma démarche d’art sociologique in situ, notamment dans des interventions publiques à Paris, 50 panneaux de signalisation « ART – Avez-vous quelque chose à déclarer ? » dans le quartier des Beaux-arts, Paris, 1974 à Angoulême, à Montauban, Lyon, et à l’étranger en Allemagne à Kassel ou à Winnekendonk ainsi qu’en Amérique latine et du Nord.Ce n’est qu’ en 2000, qu’après avoir repris ma démarche théorique sur la base de ma pratique artistique que j’ai publié « Mythanalyse du futur », sur l’internet, suivi rapidement d’une série de livres aux éditions Vlb de Montréal portant notamment sur les imaginaires sociaux de l’âge naissant du numérique : Le choc du numérique, CyberProméthée, La planète Hyper, Le romantisme numérique, La société sur le divan, Québec imaginaire et Canada réel, Un roi américain, et en 2014 : La divergence du futur et La pensée magique du Net (cette fois aux éditions François Bourin, à Paris).

Bien des livres d’auteurs remarquables sont parus entre temps, un peu partout, portant diversement sur les mythes et les imaginaires sociaux. Mais il faut l’admettre, le concept de mythanalyse n’y apparaît qu’en filigrane ou aucunement. Personne n’éprouve vraiment le besoin de le revendiquer.Cette quête de mythanalyse des années 1970 est donc à reprendre, si nous voulons constituer un dialogue suivi et constructif. Voilà la raison pour laquelle j’ai pensé utile de fonder en 2014, mais à Montréal, en périphérie des grands centres de pouvoir, La société internationale de mythanalyse. Je n’y investis ni volonté dogmatique, ni désir de pouvoir, comme chacun peut le constater aisément. Je tente cependant ainsi d’affirmer publiquement l’existence et l’importance de cette recherche, d’y appeler des contributeurs tels que ceux qui sont réunis ici, d’organiser ou de contribuer avec eux à des séminaires et des colloques, tel celui de Sylvie Dallet à la Maison des sciences de l’homme de Paris Nord (Ethiques et mythes de la création) qui court mensuellement depuis décembre 2014 et celui avec Pierre Ouellet à l’Université du Québec à Montréal (Puissances symboliques et fabulations mythiques dans les imaginaires sociaux. Mythanalyse et anthropoïétique) en avril 2015. La publication elle-même de ce numéro spécial de la revue M@GM@, grâce à Orazio Maria Valastro, et d’autres publications à venir en lien avec nos colloques, poursuivent le même but tranquillement. Et comme on dit traditionnellement, si la mythanalyse est une démarche importante, elle ne manquera pas d’être reconnue finalement, lorsqu’elle sera constituée plus solidement. Et si elle est sans intérêt, elle n’aura pas péché par arrogance.

Hervé Fischer, Sociologue, Président fondateur de la Société internationale de mythanalyse

Sommaire

Hervé Fischer
En quête de mythanalyse (pag. 11-23)

Littératisation et écritures mythiques

Orazio Maria Valastro
Mythanalyse de l’Île : polysémie de l’imaginaire de Thrinakìa (pag. 27-44)

Jean-Jacques Vincensini
Le voile d’Isis et l’objectivité des mythes : des lois immanentes de la nature aux beautés de la littérature (pag. 45-68)

Discours mythiques et création

Andrés Dávila, Nils Myszkowski, Martin Storme
Une typologie archétypale des intentions discursives pour la mythanalyse (pag. 71-89)

Sylvie Dallet
Éthiques & mythes de la création : du mystère des pierres à la pêche errante (pag. 91-112)

Ana Maria Peçanha
Mythanalyse de l’impuissance : carnet de transgression du corps malade (pag. 113-118)

Lorenzo Soccavo
Nous, animaux fabulateurs et nos technologies de l’illusion (pag. 119-128)

Mythanalyses et bassins sémantiques

Christian Gatard
Pour une automythanalyse au risque de la Science Fiction et des Sciences Occultes (pag. 131-142)

Mabel Franzone
Omniprésence de la Pachamama en Bolivie : la Terre-Mère de la loi des dieux à la loi des hommes (pag. 143-170)

Patrick Legros
Mythanalyse et diachronie : l’exemple du mythe de la sirène (pag. 171-180)

Figures mythiques contemporaines

Georges Lewi
Comment le monde contemporain adapte les deux mythes fondateurs de l’humanité ? (pag. 183-188)

Luc Dellisse
La sérendipité, un mythe moderne ? (pag. 189-196)

Christian Chelebourg
Présence d’hercule : étude culturelle des figures contemporaines de la force (pag. 197-210)

Jawad Mejjad
Le mythe de l’amitié à l’épreuve de la postmodernité (pag. 211-219)

Auteurs (pag. 221)

GO ARACNE EDITRICE

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