Regards, imaginaires et représentations du silence

Regards, imaginaires et représentations du silence
Numéro monographique sous la direction de
Bernard Troude

Appel à publication

Les perceptions sensorielles sont dans toutes les représentations du silence

L’interrogation du discours traitera du silence dans une modération discursive ayant ce rapport étroit avec des interférences sociales. Le silence exprime l’indicible et met en évidence les excédents en tout. On peut affirmer alors que le silence est ordinaire et qu’il exprime un effet global, synesthète[1], que c’est une phénoménologie qui consiste en un liage sensoriel dans lequel certains stimuli évoquent instinctivement une impression supplétive avec des compositions d’inclusion et d’exclusion difficilement circonscrites[2]. Le silence est avant tout une règle monastique, le corps s’harmonise avec l’esprit manifestant « une lumière joyeuse »[3].

Les rêves et leurs silences ne sont ni quantifiables, ni à minimiser, ni réductibles à leurs dimensions visuelles et verbales. Mais, cela inclut d’autres formes de la perception et de l’expérience dont les silences absolus. Nous rêvons avec tous nos sens, les recherches neuroscientifiques le confirment. Bien avant toute tentative psychanalytique, herméneutique ou scientifique d’attribuer des significations ou des fonctions précises, être dans le silence symbolise une tentative corporelle primaire : de l’apesanteur que l’on ressent lors d’un envol à l’expérience de la paralysie, de l’excitation érotique aux élans physiques de la colère ou de la peur – les silences sont aussitôt atteints par une dimension organique et sensorielle.

Il y a silence et silences. Le choix des textes, problématique et méthodologie, vont se rejoindre autour de points principaux et s’appuieront sur des travaux antérieurs réels, initialement centrés sur les questions d’argumentation plutôt que sur les études d’essences. Par contre, il sera nécessaire de tenir compte des travaux et des résultats des recherches contemporaines. Silence peut être une option environnementale et peut être un ordre sévère. Cela peut aussi vouloir être une option de méditation, une option en architecture ou en urbanisme. Sa représentation est fondamentale en art du dessin, de la peinture voire de la sculpture. Et en expression artistique comme la musique ou la danse, le silence se traduit par des intervalles bien annotés dans les partitions et les chorégraphies influençant les représentations physiques dans les espaces.

À tous ces éléments de recherche, il faut convenir que sur les possibilités des manifestations avec les attitudes sociales et anthropologiques nous pouvons les retrouver en ville, en société (privée ou entreprise), en thérapie, en médecine, en sécurité (hôpital, police, justice) et toutes les contributions en méditation adaptée et adaptable à toutes les spiritualités et tous les sports en leur système neurologique de décontraction. La vie de la rue est empreinte de ces silences pour certains malgré les bruits et malgré les fureurs pour d’autres. Le mutisme est une forme du silence : soit, nous sommes emmurés dans une citadelle intime qui nous dévoie d’une correspondance avec l’autre, soit nous sommes enfermés dans un silence volontaire signifiant un isolement. Évidemment, le silence est du côté de l’attention portée à l’Autre quand se manifeste autrui.

Il y a également le silence des chairs. Lorsque le corps est silencieux, c’est que la parole peut venir alors qu’avec le corps qui parle, voir et entendre l’hystérique, la parole est absente. Le silence du corps est une condition de l’éloquence, et le corps « bavard » fait obstacle à l’éloquence de la personne. Il existe différents registres des pouvoirs du silence qu’il convient de différencier au-delà du fait ; le premier des registres est celui de comprendre l’expression des opinions. Le second sera celui du jugement ou d’un jugement sur les situations qu’il il faudrait éliminer ou laisser de côté lorsqu’il s’agit de la notion de silence à conserver. Le vrai registre présentant un avantage sera celui de la communication, celui du sentiment : rompre le silence.

L’interrogation sur les perceptions et sensations des actes aux temps précédents, a fait que tout chercheur ne peut facilement s’affranchir des réflexions des anthropologues, sociologues, des neurologues et neurobiologistes. Ajoutons les artistes coloristes et les photographes. Il a été en effet beaucoup justifié que les rapports entre les lieux et les chronologies de toutes les phénoménologies de sensations et des discernements soient, en d’autres mots, leur authenticité. Dans la cognation des travaux innovateurs – ceux d’Alain Corbin – les historiens se sont emparés des sens, avec plus ou moins de dynamisme. Un exemple est édicté par David Le Breton dans son article : « les indigènes d’autres contrées ne confèrent pas aux perceptions visuelles la même valeur que nous les occidentaux ». Donc, toute perception qui rajoute du sens aux données physiques – dont celles du silence – est un produit d’une culture.

En conclusion, il y a suffisamment à produire, tant et si bien que les recherches doivent se concentrer sur un type de sensorialité. Et, à titre d’exemple, les études sur les perceptions auditives dont il est ici question pour les silences peuvent s’appuyer sur des sources abondantes et variées, pour peu que l’on se donne la peine de le questionner au prisme de l’audition, au prisme des causes et conséquences de tout silence y compris les regards, les imaginaires et les représentations.

Le responsable du numéro

Bernard Troude : sociologue, collaborateur scientifique Observatoire Processus Communications participe au comité de rédaction de la revue électronique M@GM@, ingénieur généraliste et ingénieur designer, Dr en Sciences de l’art et philosophie (Panthéon Sorbonne, Paris 1), chercheur en sciences de fin de vie (Paris, Chicago), chercheur en plasticité du cerveau (Cognition 3, PLASTIR, Paris), sociologue Université Paris Descartes (Paris V), chercheur associé CEAQ Paris (Centre d’études de l’actuel et du Quotidien), Correspondant – chercheur de l’académie internationale d’éthique médicale, correspondant de la Sffem / Elsevier-Masson Éthique médicale Légale, correspondant – chercheur Laboratoire « Health & Palliative Care » (New York) et Symbiosis group Publisher (Normal, Chicago, Illinois).

Pour participer à ce numéro

N.B. : la langue des abstracts, des articles et de la publication sera le français.

 Présentation abstract

Toute personne intéressée par l’appel à publication est invitée à nous adresser un abstract à l’adresse mail : magma@analisiqualitativa.com, avant le 15 février 2020.
Le résumé doit avoir une longueur entre 3.000 à 4.000 caractères, espaces compris, et doit préciser : le titre de l’article, une brève présentation de l’auteur, cinq mots-clés, optionnellement une brève bibliographie.

Sélection abstract

Les critères d’évaluation :
– l’intérêt de l’article, la pertinence et l’originalité de l’abstract en relation avec la problématique du numéro monographique ;
– la clarté et la cohérence de la proposition ;
– la rigueur méthodologique, les sources et la probité intellectuelle.

Envoi des articles sélectionnés

Les articles devront être reçus au plus tard le 15 avril 2020.

Calendrier de l’appel à publication

Janvier 2020 : lancement de l’appel.
22 février 2020 : date limite de soumission des résumés.
29 février 2020 : résultat de la sélection des résumés.
15 avril 2020 : date limite de soumission des articles.

Procédure pour l’envoi et contact

Les abstracts et les articles doivent être envoyés en format .rtf à l’adresse mail magma@analisiqualitativa.com en précisant dans l’objet “Appel à publication – regards, imaginaires et représentations du silence”. Pour toutes informations complémentaires écrire à cette même adresse e-mail.

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M@GM@ Revue Internationale en Sciences Humaines et Sociales ISSN 1721-9809
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Notes

[1] La synesthésie, être synesthète : du grec syn, union, et aesthesis, sensation.
[2] Cohen Kadosh, A. Henik, La recherche sur la synesthésie peut-elle éclairer le cognitif ? in Cognitive Sciences, 11, 177-184, 2007.
[3] Didier Decoin, Les sentinelles de lumières, Paris, Desclée de Brouwer, 2009.

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