Le mythe de la maîtrise du risque dans les sociétés modernes


Le mythe de la maîtrise du risque dans les sociétés modernes

Numéro monographique sous la direction de Jawad Mejjad

CALL FOR PAPERS

Notre société ne tolère plus le moindre incident, et tout accident ou aléa est vécu dramatiquement, que ce soit un accident d’avion, une panne informatique ou même un tsunami. Nous voulons tout maîtriser, et il nous est insupportable que les choses ne se passent pas comme nous l’avons prévu. La modernité s’est ainsi forgée sur la volonté délibérée de maitriser le risque, en domptant la Nature et en mettant le monde en équations, dans une conception mécaniste et positiviste.

Exit le destin, le fatum, la volonté des dieux, la Providence… La rationalisation du monde a entrainé dans son sillage un désenchantement, comme l’a montré M. Weber. Autrement dit un rejet de la magie comme structure sociale, et comme moyen d’apprivoiser le hasard et les coups du sort. L’homme alors n’avait pas cette démesure, cette hubris que condamnait les Anciens de prétendre à une connaissance absolue.

Gérer les risques, c’est rendre le danger prévisible et calculable. Dès lors c’est à une société assurantielle qu’aura abouti la modernité, pour prémunir l’entrepreneur schumpetérien, figure emblématique du capitalisme. La prise en charge du risque par la société s’inscrit dans le génome et dans l’esprit du capitalisme, comme l’a montré U. Beck qui a parlé à juste titre de « société du risque ».

Or à vouloir tout maîtriser, nous nous retrouvons à refuser le réel tel qu’il est pour lui substituer une représentation du monde tel qu’il doit être. Et à trop vouloir maitriser le risque, nous aboutissons à une société du contrôle, et nous ne savons plus comment réagir face à cet élément fondateur de notre inconscient social. Dès lors notre attitude face au risque est ambivalente : prendre un risque fait-il de nous des irresponsables ou alors des aventuriers curieux ? et ne pas prendre de risque équivaut-il à la prudence ou à la pusillanimité ? Le discours politique tangue entre « le risque 0 n’existe pas » et « le principe de prudence ».

Or la vie dépasse toujours la forme dans laquelle nous voulons l’enfermer (cf. Simmel), et la modernité n’a cessé de rencontrer des limites à sa prétention de la maîtrise des risques :
• Limites de la croyance en la science et en sa toute puissance (Hiroshima, vache folle, OGM, Sida, …)
• Théories quantiques, principe d’Heisenberg
• Apparition de risques non maîtrisables et non assurables (réchauffement climatique, environnement, …).

Il convient dans ce contexte de se demander quels sont les représentations, les mythes et les comportements qui sous-tendent et organisent notre approche du risque et ceux qui nous permettraient de dépasser l’ambivalence actuelle.

Dans le but de rendre compte et de comprendre cette ambivalence face au risque, nous lançons cet appel à contribution. Nous proposons à chaque contributeur de développer un point de vue autour de cette question, notamment pour comprendre l’appréhension du risque comme élément constitutif d’une société, tant sur l’axe anthropologique que social, ou politique.

LE RESPONSABLE DU NUMERO

Jawad MEJJAD est docteur en sociologie, chercheur au CEAQ – La SORBONNE, et est chef d’entreprise (dans le secteur de l’électronique) après avoir eu une longue expérience dans l’entreprise. Il est aussi enseignant au CNAM (Conservatoire National des Arts et Métiers) dans le master Marketing-Vente, et anime des cycles de formation pour de grands groupes ou des associations professionnelles.
Jawad Mejjad a donc été confronté depuis plusieurs années à la problématique des risques endogène et exogène de l’entreprise, et de leur prise en charge en tant qu’éléments à gérer. Et ses réflexions et recherches, plus généralement, portent sur les valeurs et les structures d’organisation de l’entreprise à l’aune de la postmodernité. En 2010, il a publié « Le rire dans l’entreprise » L’Harmattan.

POUR PARTICIPER A CE NUMERO

1) Envoyez le titre, un résumé de votre article et une présentation de l’auteur, avant le 31 mars 2015 à la rédaction de la revue magma@analisiqualitativa.com.
2) La direction et le comité scientifique de la revue se prononceront au plus tard le 15 avril 2015.
3) En cas d’acceptation du résumé il faudra envoyer l’article au plus tard le 31 mai 2015.

M@GM@
ISSN 1721-9809
Revue internationale en Sciences Humaines et Sociales

Direction Scientifique
Orazio Maria Valastro
Comité Scientifique
Georges Bertin, Augusto Debernardi, Cecilia Edelstein, Hervé Fischer, Mabel Franzone, Philippe Lejeune, Maria Immacolata Macioti, Michel Maffesoli, Ana Maria Peçanha, Alejandro Ruidrejo
Comité Editorial
Cecilia Edelstein, Mabel Franzone, Roberta Cavicchioli, Donatella D’Addante, Guendalina Graffigna, Johanna Jarvinen-Tassopoulos, Jawad Mejjad, Fabio Olivieri, Irene Ranaldi, Sergio Straface
Secrétariat Editorial
Maria Crivelli

Osservatorio Processi Comunicativi
Associazione Culturale Scientifica
via Pietro Mascagni n.20
95131 Catania (Italy)
Telephone-Fax: +39 095 531729
e-mail: magma@analisiqualitativa.com

Download (PDF, 203KB)

Lascia un commento

Il tuo indirizzo email non sarà pubblicato. I campi obbligatori sono contrassegnati *

*